Patch testostérone, pas si excitant que ça…
Posted on July 7, 2009 · Laissez votre commentaire
Dans un de mes derniers posts, nous avons parlé du nouveau patch de testostérone pour les femmes, destinés à ranimer la libido des femmes après une hystérectomie totale mais voilà que déjà (!) la recherche se demande si çà marche vraiment et surtout s’interroge sur son innocuité qui à long terme n’a pas encore été prouvée. Dans la revue Drug and Therapeutics Bulletin (DTB), on apprend que les patchs de testostérone, appelés Intrinsa, ont été récemment autorisés au Royaume-Uni pour le traitement des femmes ménopausées suite à une intervention chirurgicale et qui ressentent en conséquence, une baisse de leur désir sexuel (un état appelé trouble hypo-actif du désir sexuel), traitement à prendre en conjonction avec un traitement œstrogénique substitutif. Mais, il se trouve qu’il y a eu quelques problèmes lors des principaux essais sur ces patches. Ils ont impliqué des groupes de femmes strictement sélectionnées (i.e. ont été exclues les femmes souffrant de maladies physiques ou mentales pouvant affecter leur libido) et lors de certains essais le diagnostic de trouble du désir sexuel a été établi sur la base seule de questionnaires courts invalidants. Il y a eu également une large réponse placébo lors des études cliniques, avec un nombre important de femmes non traitées avec le patch qui rapportaient une amélioration de leur désir sexuel ce qui indiquerait qu’un taux bas d’hormones n’ait peut être pas la cause du problème. Enfin, l’amélioration ressentie par ces dames était somme toute très minime.
De plus, il se trouve que quelques unes des femmes avaient déjà des rapports sexuels deux ou trois fois par mois avant de participer aux expériences, ce qui soulève des questions en premier lieu sur le degré de pauvreté du désir sexuel. Le patch entraine également des effets secondaires chez plus d’une femme sur 10, tels qu’acné, pilosité excessive, modification de la voix, chute de cheveux (alopécie), douleurs aux seins, prise de poids, insomnie, migraines. Bien que les essais pour l’Intrinsa aient duré six mois en tout, l’innocuité à long terme de ce patch n’est pas établie et les preuves publiées jusqu’ici sont basées sur des femmes strictement sélectionnées et ne montrent que des améliorations minimes des paramètres sexuels et de nombreuses réponses placébo. Alors Mesdames, il pourrait être plus intéressant d’explorer les alternatives naturelles en attendant l’arrivée d’une meilleure solution pour la libido du beau sexe.
